Nous vivons au quotidien une double réalité. L’une alarmante où il est question de la Corée du Nord et des Etats unis, de la Syrie, du terrorisme, de la misère sous toutes ses formes. Une réalité où le spectre de la violence perce un peu partout la surface lisse d’un monde qui veut tendre à l’uniformité.

Et l’autre, à laquelle nous invite le Christ qui se résume à ces quelques mots : « N’aie pas peur, crois seulement ». Une affirmation qui peut sembler décalée parce que ridicule au regard des enjeux auxquels nous sommes sans cesse confrontés.

En vérité, ces deux réalités n’ont jamais cessé de s’affronter. Elles sont le drame de notre vie qui se voit sans cesse ballotée entre la peur et la confiance.

Si en tant que chrétiens nous sommes invités à choisir de ne pas avoir peur du présent et de l’avenir, à l’image de tous, nous savons que notre nature ne tend pas à la paix et à l’équilibre. Mais nous savons que nous pouvons nous enrichir et renouveler sans cesse au contact répété de la Parole dans notre quotidien ! Revenir à la source et apprendre à croire que Dieu, au travers de chacun peut agir dans notre monde.

Même si les progrès de la confiance paraissent peu de choses au regard des ravages d’un seul obus, ne baissons pas les bras et participons à l’action du monde. Gardons le cap sur le visage du Christ pour que ses mots deviennent notre seule réalité. Ainsi, et seulement ainsi, l’autre réalité, celle de la peur qui s’exprime par la violence, perdra son intensité jusqu’à, pourquoi pas, disparaître.

Yann Wolff

// Yann Wolff, diacre dans la paroisse La Sallaz – Les Croisettes (paru dans le journal Réformés d’avril 2018)