Nombreuses sont les personnes qui m’ont fait cette demande ces mois derniers. En cause l’opération que j’ai subie. L’occasion pour moi ici de les remercier publiquement et de leur partager une question que je me suis posée: faut-il prier ou se soigner quand on est malade ? Car nous le croyons, la prière produit parfois des miracles de guérison.

Eh bien, j’ai découvert que la tradition juive n’opposait pas les deux idées ; qu’elle avait répondu avec finesse à cette interrogation dans un livre certes inconnu des bibles protestantes, mais présent dans la Traduction œcuménique de la Bible (TOB): le livre du Siracide. Au chapitre 38, intitulé «Médecine et maladie», on peut lire: «Honore le médecin pour ses services, car lui aussi le Seigneur l’a créé́. C’est du Très-Haut, en effet, que vient la guérison… Il a donné́ aux hommes la science pour que ceux-ci le glorifient de ses merveilles.» (versets 1, 2 et 6).

Ainsi peut-on prier… et se faire soigner ! Savoir que beaucoup priaient pour moi fut un sujet de joie. Mais voir l’engagement et les compétences de mes médecins, l’abnégation et le dévouement de tout le corps médical m’a aussi remplie de reconnaissance envers Dieu. Or aujourd’hui, à cause de notre système suisse de santé ultradéveloppé, il nous paraît normal que nous soyons traités toute l’année, à toute heure du jour et de la nuit, et qu’on mette tout en œuvre pour nous guérir. Peut-être devrions-nous ré-apprendre que la guérison, d’où qu’elle provienne, n’est pas un dû, mais toujours une grâce de Dieu, qu’on doit demander et recevoir dans la prière.

A propos, je vous remercie : je vais chaque jour un peu mieux.

// Jocelyne Muller, pasteur à Bellevaux-Saint-Luc