Je ne peux pas, j’ai… piscine, licorne, poney, curling sur gazon ou tout autre joyeuseté, voilà un slogan très tendance. Quand on se cherche une excuse pour ne pas faire quelque chose ou ne pas aller à un rendez-vous, on répond par ces quelques mots.

Mes ados ont vite été gagnés par cette mode que je trouvais très sympa ! Puis, petit à petit, en les entendant me répondre à chaque demande d’aide à la maison : « Je ne peux pas, j’ai… » J’ai revu mon jugement…
 
Alors cette reprise de Laurent Baffie dans les Guignols de l’info a commencé à m’interpeller. Est-ce que cette réplique de prime abord anodine trahit un changement de société ou juste une mode ? Quels sont les enjeux communautaires derrière ce slogan ?
 
L’individualisme croissant de notre société n’est plus à démontrer. Mais se mettre au service de l’autre et considérer que donner un peu de son temps pour le bien commun n’est jamais perdu, voilà qui est diamétralement à l’opposé de ce slogan. Comment détourner ces mots pour en faire un dicton porteur de sens ? La richesse de nos diversités et de nos dons différents mis en commun permet de créer une société généreuse et joyeuse ! C’est avec les autres que nous avançons.
 
Et si le Christ avait répondu… je ne peux pas, j’ai dromadaire ? Impensable !?
 

Lise Messerli

// Lise Messerli, animatrice d’Eglise, service catéchisme – jeunesse

(billet paru dans le journal Réformés de juin 2018)