Renoncer à un lointain voyage en avion pour deux semaines de travaux agricoles dans le Jura, c’est le choix écologique des jeunes paroissiens de Lausanne et Epalinges. Aventure.

Les jeunes Lausannois participeront aux travaux de la ferme.

«Nous avons fait le choix de la proximité pour des raisons écologiques.» La voix de Justin Nikles, 18 ans, est ferme face au micro de la RTS durant le culte radiodiffusé du 14 janvier dernier à La Sallaz. D’habitude, les jeunes paroissiens de la Région Lausanne – Epalinges s’envolent, tous les 4 ans environ, pour un lointain voyage d’entraide. Cette année, ils préfèrent avoir un faible impact sur la nature. «Partir en Suisse nous permet de choisir le vélo plutôt que l’avion comme moyen de transport», ajoute Justin.

Et puis il n’est pas nécessaire d’aller loin pour aider son prochain. C’est l’autre raison qui motive la vingtaine de jeunes engagés dans le projet. Ils ont pris conscience de la réalité des paysans helvétiques et veulent se mettre au service d’un couple d’agriculteurs pendant deux semaines. Ce sera à la bergerie du Pré-de-la-Patte, à Péry-Reuchenette dans la campagne biennoise.

Mais pourquoi cette ferme? Toujours un souci d’écologie: la bergerie est labellisée bio. «Nous voulons découvrir des façons éco-responsables de cultiver la terre et d’appréhender la nature», souligne Justin. «La semaine de ces agriculteurs compte en moyenne 70 heures de travail. Nous espérons donc que notre aide leur sera profitable!»

L’amour de la nature et des animaux

Il faut gravir un chemin de terre sur 4 km pour atteindre la bergerie de Rémy Junod et Françoise Häring. Une grande table devant la maison accueille les promeneurs. Des classes montent parfois découvrir la vie à la ferme. «Rémy et Françoise ont, malgré leurs grosses journées, un rythme de vie qui respecte quelque chose que nous, citadins, avons perdu», témoigne Yann Wolff, diacre des jeunes. «Depuis 35 ans, ils vivent là simplement, dans ces murs séculaires. Proches de leurs vaches, chevaux et chèvres, ils ont pour eux une tendresse particulière. Lorsqu’un animal quitte la ferme pour l’abattoir, ils prennent le temps de le remercier pour ce qui a été vécu et pour le fait qu’il va nourrir d’autres êtres vivants. Un peu à la façon des indiens, comme ils le disent eux-mêmes.»

Françoise Häring se réjouit d’accueillir la vingtaine de jeunes lausannois. «J’ai d’abord été surprise de leur offre, car d’autres que nous auraient plus besoin d’aide. Mais il est vrai que nous pouvons en même temps les héberger.» Le couple a l’habitude de recevoir des classes. «Ce qui me frappe chez les jeunes citadins, c’est combien ils sont déconnectés de la nature. Alors j’ai envie de les sensibiliser à l’importance de cette relation et de cet équilibre, à l’amour de la nature et des animaux», confie-t-elle.

Vaches, chèvres, chevaux…

Concrètement, les jeunes lausannois aideront aux tâches quotidiennes: prendre soin des vaches, des chèvres, des chevaux, faire les foins, jardiner, débroussailler. Ils aménageront aussi un cours d’eau pour créer un biotope humide favorisant la biodiversité près du domaine. De quoi transpirer. Qu’importe! La prière que Louis Goumaz, 17 ans, prononce lors du même culte radio, résume l’état d’esprit de ces jeunes: «Seigneur, la confiance que tu places en moi m’encourage à te servir en servant mes frères. Avec toi à mes côtés, je me sens capable de relever les défis que la vie place sur ma route.» Une belle aventure!

– G.D.


Vidéo et info

  • Vidéo de présentation: sur ce lien ou sur la page Facebookt
  • Nous soutenir les jeunes , Crowdfunding
  • Actions: Vente de pâtisseries aux cultes du 11 mars 10h à La Croix d’Ouchy et 17 juin à Villamont.
  • Soutenir les jeunes: pour couvrir les frais des jeunes et l’achat de matériel pour la ferme, CCP 10-7818-6, mention Projet 2018.