Samedi 9 juin 2018

Sainte colère (Amos 4,1-13)


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Une grande faille parcourt la terre que les prophètes bibliques foulent au pied. La tenace et insupportable contradiction entre les comportements religieux et les comportements éthiques, civiques ou sociétaux. Voilà encore une fois, livrée ici au mépris d’Amos, la dérisoire piété des Israélites qui parce qu’ils observent les règles du culte se croient exemptés des devoirs de la simple justice. Et c’est comme une rage que le prophète déverse, celle de voir souillée la pratique du culte par l’oubli de la nécessaire solidarité entre le sacrifice voulu par la loi et le sacrifice… de soi. A la violence d’un tel déni de justice répond ainsi la violence d’une punition dirigée contre un peuple hypocrite. Cette description d’un Dieu violent nous déplaît bien sûr. Si nous acceptions pourtant de la lire comme la réaction – forcément excessive – d’un Dieu qui ne veut en rien être mêlé à l’injustice des prétendus pieux, nous trouverions peut-être une façon de recevoir ces textes dérangeants. Jusqu’à aujourd’hui dans ce risque toujours actuel de trouver notre « propre justice », la parole tranchante des prophètes sépare et empêche toute tentative de « récupérer » Dieu. Elle nous appelle toujours à nouveau au travail de l’unité et de l’unification de nous-mêmes devant lui.

Alexandre Winter

Prière: Seigneur, tu m’attends au lieu d’une unité et d’une intégrité de moi-même. Si souvent pourtant je fais d’une main ce que l’autre désapprouve. Fais de moi quelqu’un qui cherche, sans la prétention d’y parvenir tout à fait, à résoudre ses propres contradictions.  

Référence biblique : Amos 4, 1 - 13

Commentaire du 10.06.2018
Commentaire du 08.06.2018