A l’heure où j’écris ces lignes, l’interdiction de la mendicité dans le canton de Vaud entre en vigueur, suite au rejet par le tribunal fédéral du recours déposé contre cette loi. Dans notre canton, il n’y a pas de place dans les rues pour des personnes en grande précarité qui demandent l’aumône.

A l’heure où vous lirez ces lignes, nous serons entrés dans le temps de l’Avent, ce temps de l’attente, où nous nous réjouissons de fêter la naissance de Jésus.

A l’heure où vous lirez ces lignes nous saurons aussi mieux comment cette loi sera appliquée et comment les personnes visées, avant tout des personnes roms, auront réagi. La manifestation du 1ernovembre a rassemblé environ 250 personnes sous le slogan « Mendier n’est pas un crime ». Ces personnes, d’ici et d’ailleurs, ont, côte à côte, protesté contre une démarche qui fragilise encore des personnes déjà vulnérables.

Comment, à l’approche de Noël, faire une place à chaque personne, même à celles qui nous dérangent par leur différence ou leur comportement ? Il n’y a pas de réponse facile à ce défi de tous les jours. Je crois qu’il y a juste un chemin à trouver, un espace intérieur à ouvrir, pour chercher dans le regard de chaque personne le regard du Christ.

Il y a plus de 2000 ans, à Bethlehem, la place manquait dans les auberges. Aujourd’hui, à Lausanne, la place manque même dans nos rues. Que Dieu suscite en chacune et chacun de nous la soif d’offrir à toute personne une place pour vivre.
 
// Liliane Rudaz, diacre régionale Solidarités