«Dites Monsieur, vous nous racontez comment c’était quand vous étiez jeunes?» Avaient-ils 18 ou 20 ans, ces deux jeunes gars dans cette cellule de la prison du Bois-Mermet…?

C’était il y a une dizaine d’année et je venais d’avoir cinquante ans… Je me rappelle leur avoir bêtement répondu au premier degré, évoquant mes souvenirs nostalgiques…: comment j’ai appris à taper à la machine à écrire en me coinçant les doigts entre les touches… le téléphone accroché au mur… etc. etc…

Depuis j’ai changé d’endroit et en paroisse pas besoin de question…: les souvenirs mythiques du passé me sont constamment racontés…
C’est peut-être pourquoi aujourd’hui, dix ans après cette visite en cellule, j’aurais envie de demander à ces deux jeunes: «Dites, les gars, vous me racontez comment ce sera quand vous serez vieux…? Faites-moi rêver à mon tour d’un monde qui sorte un peu de mon ordinaire, sans enfermement et aux portes grandes ouvertes!»

En y réfléchissant de plus près, me revient en moi l’histoire de cet autre jeune gars, il y a bien longtemps de cela, qui a si bien su s’appuyer sur le passé pour le «dé-passer» et offrir un avenir… Il faut vraiment que j’approfondisse ma relation avec Lui… il en va de notre à-venir!

// Philippe Cosandey, diacre au Sud-ouest lausannois et répondant à Saint-François – Saint-Jacques

(Chronique «A vrai dire» parue dans le journal Réformés de juillet-août 2018)