Dans un siècle, les Terriens pourraient bien nous considérer comme la génération maudite qui a détruit la planète et le climat par notre surconsommation insouciante.

Beaucoup d’entre nous pourraient répondre: «Je faisais attention dans mon ménage!» En même temps nous n’engageons pas les politiques qui pourraient changer les choses, à la dimension de la planète et faire la différence. Les efforts individuels, c’est bien et nécessaire. Mais c’est le système industriel de production et de consommation qui doit être changé de fond en comble. Il ne suffit pas de recycler chaque emballage, il faut changer pour diminuer drastiquement les emballages par exemple.

Et ces changements doivent s’étendre à tous les secteurs de la société, pour tenir compte du caractère fini de notre planète. Actuellement, en Suisse, nous avons besoin de deux planètes pour satisfaire notre consommation usuelle. Une conduite sobre ne doit plus être seulement individuelle, elle doit atteindre tous les étages de la production et de la consommation. C’est le régime économique qui doit devenir vertueux en intégrant les coûts écologiques si nous ne voulons pas devenir la génération maudite qui n’a rien fait au moment ultime où on pouvait encore inverser le cours du réchauffement. A n’en pas douter, les générations suivantes nous tiendrons – nous générations actuelles – pour responsables quand la planète sera devenue invivable. Est-ce la trace que nous voulons laisser à nos petits-enfants ?

Jean-Marie Thévoz, pasteur dans la paroisse Saint-Jean