Les jeunes ont marché durant trois jours entre Moudon et Saint-Sulpice en quête du sens de la Passion et résurrection du Christ. Un pèlerinage plein d’énigmes. Récit.

Trois jours de marche plein d’énigmes, entre villages et forêts.

Le soleil brillait quand nous avons pris le train pour Moudon, jeudi 13 avril. Et le sourire était de mise sur tous les visages, même si on ne se connaissait pas encore très bien et que les sacs à dos pesaient déjà. Mais il y a toujours un petit aventurier qui dort dans le cœur de chacun et il suffit d’une balade dans un coin de pays inconnu pour le réveiller ou le révéler.

Nous étions donc dix-neuf, jeunes et moins jeunes, à partir ce jeudi matin. A la veille de Pâques, nous étions en marche sur les traces du lapin, forcément. Un lapin très joueur qui nous avait laissé des traces et des missions un peu partout. A commencer par l’église Saint-Etienne de Moudon. Et des traces là, il y en avait beaucoup, sous forme de petits cornets à son effigie remplis de carnet et de crayons. Avec une mission : « Créez le repas le plus reproduit au monde ! » «C’est quoi le repas le plus reproduit au monde ? » Il nous a fallu réfléchir longuement. Et marcher aussi, parce que c’était à un véritable pèlerinage que nous étions invités. Notre première étape devait nous conduire de Moudon à Carrouge en passant par Vuillens.

Esprit de groupe

La marche s’est déroulée allègrement sans même qu’on remarque les kilomètres accumulés et les minutes écoulées. Il faut dire que régulièrement, nous changions de compagnon pour mieux faire connaissance et ainsi créer un esprit de groupe. Nous avons d’abord réfléchi à l’image que nous nous faisions d’une personne puissante : un politicien, une star du football, une héroïne de BD, riche, beau, bien habillé… Puis nous l’avons comparé à l’image que Jésus donne du Seigneur qu’il est : un serviteur prêt à laver les pieds de ses disciples. Nous avons alors compris que le Christ nous invitait à l’humilité et au partage et que le meilleur signe… c’est son repas, dans lequel il se donne lui-même. Nous avons alors dressé la table pour la sainte-cène, ce repas le plus reproduit au monde.

Vendredi, nouvelle marche et nouvelle mission: « Aller de Carrouge à Epalinges et construire l’arbre de vie ». En ce Vendredi-Saint, nous avons d’abord suivi un chemin de croix improvisé le long d’un sentier forestier. A chacune des quatorze stations, une réflexion nous était proposée pour nous permettre de comprendre en quoi et comment la vie et la mort du Christ nous concernent. A l’issue de ce cheminement, nous avons réalisé que le message du Christ ne s’arrêtait pas à sa mort, mais qu’il était porteur de vie et nous avons alors ramassé dans la forêt des branches, des feuillages et des fleurs pour faire de l’arbre de la croix, un arbre de vie.

Dernière mission

Samedi-saint, une dernière mission nous attendait: « Fabriquer le pain de vie ». Alors, avant de rejoindre Saint-Sulpice, but de notre dernière étape, nous avons plongé les mains dans la farine pour façonner trois belles tresses, une pour la sainte-cène de l’aube de Pâques et deux pour le petit-déjeuner qui suivait.

Et c’est ainsi que quatorze catéchumènes de la Région lausannoise, ainsi que deux ministres et trois jeunes accompagnantes ont pérégriné entre jeudi-saint et Pâques sur les traces du lapin de Pâques, à la rencontre du Ressuscité.

// Jocelyne Müller