Un billet pour justifier au contrôleur que j’ai bien le droit d’être assis dans le train… Un autre pour ne pas oublier les choses à faire tant mon agenda déborde… Ou un petit pour te dire « je t’aime »… Un billet qui monnaie mes services…

Une véritable montagne de « post-it » qui encombre nos vies. Tout s’échange avec ces simples bouts de papier qui n’ont de valeur que celle qu’on leur attribue. Ils sont devenus des articulations essentielles au fur et à mesure que nos relations se sont complexifiées. Il est vrai que nous n’avons aucun besoin de billet lorsque l’on vit au contact de l’autre… à part peut-être pour lui laisser un mot doux qui, à l’instar d’une fleur, vient embellir la vie. Aujourd’hui, pour les besoins du journal Réformés, voici un billet de réflexion. Et en le composant, je réalise que le seul à qui je n’adresse pas de billet, c’est mon Dieu.

Bien sûr, je rédige des prières, des messages, des chants ! Mais des billets pour ne pas oublier de lui dire quelque chose, ça, je ne le fais jamais.

Avec lui, j’exprime ma pensée par la louange, l’intercession, le chant, le silence… Autant de moyens à ma disposition qui écartent le besoin de billets pour payer ma place à ses côtés ou pour lui faire part de mes doléances ou joies. Est-ce ainsi la démonstration que la relation à Dieu est vivante, sans détour ni intermédiaires ? 

Je le crois. Son extrême proximité, sa disponibilité, sa présence, voilà ce qui fait notre force, ce qui fonde notre espérance, ce qui renouvelle notre joie. Dès lors, plus besoin de pense-bête. 

Yann Wolff

// Yann Wolf, diacre de la paroisse La Sallaz – Les Croisettes et du Service catéchisme-jeunesse