Des célébrations expérimentales invitent à vivre une nouvelle expérience de la Bible, à l’église Saint-Jacques à Lausanne. Surprise garantie.

Tapis, coussins, bougies, bol tibétain… Derniers préparatifs d’une célébration créative avant l’arrivée des participants. © Photo O. Keshavjee

Le sous-sol de l’église s’est totalement obscurci. Au groupe inhabituellement réuni là, le narrateur vient de raconter la crucifixion de Jésus, puis le silence s’est installé. Soudain, lointain, un chant plaintif murmure et se rapproche. On distingue de plus en plus : « Kyrie Eleison », « Seigneur, prends pitié ». Chacun, coude à coude dans le noir, est saisi. Puis silence à nouveau. Un léger bruit d’eau le rompt, celui d’une source qui jaillit. Une allumette craque, une bougie s’allume. Une femme raconte avoir vu un homme en blanc. Le petit groupe, interrogatif, la suit alors dans l’escalier qui conduit à l’église où le soleil jaillit derrière les vitraux. L’édifice se remplit d’une musique entrainante, c’est la joie de la résurrection !

«Ici, la créativité est reine»

Il a les yeux qui brillent encore lorsqu’il nous raconte cette expérience vécue autour de Pâques à l’église Saint-Jacques à Lausanne. Le théologien Jean-Christophe Emery y est l’initiateur des « célébrations Open Source ». « C’est un projet expérimental, une sorte d’atelier. Ici, la créativité est reine », avertit-il. « Nous cherchons à vivre le texte biblique en partageant une expérience. » Le nom de ces célébrations, inspiré du monde informatique, utilise les termes « Open », pour l’idée d’accessibilité et de participation, et « Source », en référence « à la Source qui nous nourrit ».

Le projet est né d’un réseau d’amis, pas toujours rassasiés par les cultes existants, mais intéressés à oser de nouvelles voies. Le bouche à oreille l’a peu à peu élargi. « Nous ne cherchons pas à créer un nouveau produit pour un public précis. Nous voulons juste explorer de nouvelles formes et nous les ouvrons à qui veut. »

Le droit d’être en recherche

Oubliez ce que vous savez d’un culte. Le théologien, qui a étudié de nombreuses expériences d’Eglise dans le monde, n’a pas peur d’encourager les gens à tâtonner et à être en recherche. Pour lui, la créativité d’une célébration peut être tout autant dans le langage que la forme : revivifier les mots, modifier les aménagements, oser les déplacements, recourir à l’expérience sensorielle, aux gestes, aux mouvements inspirés des matchs d’impro, utiliser des sons, des rythmes, suggérer des odeurs. Jean-Christophe Emery foisonne de récits des premières expériences vécues.

Si la démarche donne une large place à l’intuition, elle ne souffre pas d’improvisation ni d’amateurisme. Le moment est mûrement réfléchi et travaillé par un petit groupe, toujours différent. « Ici, il n’y a pas des organisateurs d’un côté et des consommateurs de l’autre, mais tout le monde est participant », se réjouit le théologien. Du coup, d’une fois à l’autre, pas de programme préétabli, la surprise est toujours de mise. Une seule chose est sûre : les célébrations Open source commencent par un apéritif qui favorise la cohésion et se terminent par un repas qui permet d’échanger sur l’expérience vécue.

// G.D.


Prochaines Célébrations Open Source

Dimanches 26 mai et 23 juin 2019 à 17h à Saint-Jacques (av. du Léman 26), célébration expérimentale et participative suivie d’un repas facultatif. Informations : jean-christophe.emery@eerv.ch