Cet été, j’ai rencontré la petite Julie à Vevey. J’ai grandi autour de Vevey, au rythme des vendanges et du marché de la Saint-Martin. Pour un bout, je connaissais cette vie. Mais la manière dont Julie m’en a parlé à la Fête des Vignerons était toute différente.

Elle m’a raconté la profonde richesse du lien avec la Terre si on se met à son écoute. Elle m’a montré la possibilité de danser à travers les étapes de la vie, en harmonie avec le passé et le futur, à l’aise avec la vigueur et la faiblesse. Elle m’a prouvé qu’il est possible de nager dans le ciel, d’être guidé par la libellule et servi par les étourneaux. Au fond de moi je sais qu’elle a raison, et j’aspire à cette vie !

Et puis dans l’épilogue, un des Docteurs m’a dit soudain: « La pause est finie, le travail doit reprendre. » Comment reprendre le travail après ça? Je vois deux possibilités.

Soit je retourne à ma réalité comme on se réveille d’un rêve merveilleux : des étoiles dans les yeux, qui donnent de l’élan jusqu’à ce que la réalité prenne le dessus, avec ses exigences et ses pressions. Et il ne me reste plus qu’à espérer tenir jusqu’au prochain rêve…

Soit je me dis que c’est la réalité qui doit s’adapter au rêve, et pas l’inverse. Comment mon travail peut-il être plus léger, plus joyeux ? Comment puis-je résister aux impératifs qui font de ma vie un lieu d’épuisement, et choisir de lui donner un air de fête ?

Olivier Keshavjee, pasteur à Saint-François – Saint-Jacques