Les pasteures Marie-Claude Baatard et Jocelyne Müller créent un atelier pour que même ceux qui n’y connaissent rien comprennent les Ecritures. Interview de l’une d’elles.

Un atelier pour y voir clair dans le paysage des textes de la Bible (photo © P. Skorupskas/Unsplash).

Vous dites qu’il faut redécouvrir la Bible ?
Jocelyne Müller: Oui, la proximité avec la Bible s’est perdue. Lors d’une précédente formation, des gens sont venus sans rien en connaître. Je me suis dit qu’il fallait des outils pour les aider.
 
On ne peut pas lire la Bible sans outils ?
Ce qui est fascinant et dangereux avec la Bible, c’est qu’on peut la tenir en main comme si elle était un livre ordinaire, écrit dans notre langue. Mais elle est faite d’une multitude d’auteurs échelonnés sur environ 3000 ans. Si d’un coup de baguette magique, je la transformais en ce qu’elle est réellement, je me retrouverais avec plein de rouleaux de papyrus et de parchemins en hébreu et en grec. Je réaliserais que ça ne se lit pas comme n’importe quoi. Il y a une épaisseur qui nécessite des connaissances. Sans cela, je risque de croire que je comprends, alors que je passe à côté du sens. De plus, comme ce livre est gros, on a l’habitude de picorer des extraits. C’est un peu comme si, dans une bibliothèque, je saisis un livre, je l’ouvre au milieu et lis un extrait. Est-ce que je le comprends vraiment ? Non, et pourtant beaucoup font cela avec la Bible.
 
La Réforme n’a-t-elle par rendu la Bible au peuple ?
Oui, mais les Réformateurs disaient aussi comment l’interpréter. Le croyant peut s’y plonger sans un théologien à ses côtés, s’il sait qu’elle ne se lit pas au premier degré.
 
Comment y voir clair dans cette complexité ?
Nous proposons de petits éclairages pour rendre les gens attentifs à cette richesse, leur rendre le plaisir de la découverte et celui d’être capable de creuser plus loin. Au travers d’ateliers, nous allons nous pencher sur l’Ancien Testament qu’on écarte trop souvent. Je vais montrer que c’est une magnifique bibliothèque – 39 livres – avec un ordre qui a un sens théologique. Vous comprenez un ouvrage mieux si vous savez sur quel rayonnage vous l’avez pris. Il y a une structure, un fil rouge, qui traverse le tout.
 
Quel est ce fil rouge ?
Le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas un Dieu qui nous menace et nous condamne par le péché originel. Du début à la fin, il sauve et bénit. Il accepte l’incomplétude humaine, sa faillibilité, et il est toujours là pour nous délivrer. Cela change de l’idée que l’humain est incapable de faire le bien. Nous faisons la découverte émerveillée que nous sommes bénis. Tout le vivant est béni. Dans la Bible, il n’y a pas de définition de Dieu en soi : il est toujours décrit dans la relation. La réponse humaine, c’est la louange. L’auteur des Psaumes clame d’abord ses souffrances et enchaîne toujours : « Je te loue car tu m’as délivré ».
 
Un débutant peut-il s’y retrouver ?
En proposant des ateliers, nous ne disons pas : « Nous savons ». Mais : « Nous allons chercher avec vous ». Le parcours s’adresse particulièrement à ceux qui ne connaissent pas la Bible ou qui l’ont repoussée car trop compliquée. Nous partons des questions des gens. Et, d’expérience, elles sont passionnantes ! Je me souviens de cet homme qui disait : « Ce passage est sans intérêt. » Deux heures plus tard, il s’émerveillait de ses découvertes. Alors, pourquoi ne pas profiter de la période du Carême pour consacrer du temps à la Bible ?

// G.D.


Cinq ateliers

Animés par les pasteures Marie-Claude Baatard et Jocelyne Müller, les mardis du 5 mars au 2 avril 2019 de 19h à 21h à la Salle paroissiale de Bellevaux (rue Aloys-Fauquez 21, Lausanne). Prix : 25 fr. pour le matériel. Renseignements et inscriptions

Télécharger le flyer «Le plaisir de redécouvrir la Bible»