«Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu», dit Jésus à ses disciples (Marc 6, 31). Si on veut aller loin, il faut ménager sa monture, affirme la sagesse. Et Jésus le sait…

Ses disciples, rentrés de mission, ont enchaîné réception après réception. Ils n’ont pas eu le temps de se reposer ni de se sustenter. Jésus les voit exténués et en a pitié. Il les invite au repos loin du tumulte de la foule. L’équipe doit recharger les batteries avant de repartir. Même si les foules ne vont pas leur laisser le temps de souffler, Jésus se montre ici dans sa dimension de berger, soucieux du bien-être de ses compagnons.

Le repos est salutaire dans toute tâche qu’on mène, quels que soient le bénéfice et la satisfaction qu’on en tire. Les vacances, le « shabbat », le congé sabbatique permettent de débrancher, se tourner vers autre chose que le travail.

Prendre du temps pour soi : pouvoir se lever à l’heure qu’on veut, se reposer, lire, se balader, découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles régions ou une autre manière de vivre, un autre rythme. Ainsi l’humain n’est pas aliéné par son travail duquel il ne peut se séparer.

Désacraliser le faire humain, sortir du mythe de l’homo faber est une libération. Le travail est important mais n’est pas tout. Récréer un espace inoccupé dans la vie c’est se recentrer sur d’autres valeurs et s’interroger sur le travail, ses valeurs, ses apports positifs mais aussi ses limites et ses pièges. Les vacances c’est retirer son venin à l’activité qui s’impose comme la seule réalité porteuse de sens dans la vie d’une personne. C’est l’humain qui fait le travail, mais le travail ne crée pas l’humain.

Alors, bonnes vacances à toutes et tous.

// Roger Puati, pasteur à Saint-Laurent – Les Bergières